Nanjing : les remparts
Monter
et marcher le long des remparts est une promenade qui nous a bien plu durant notre séjour. Parce que c’est un des rares endroits à Nanjing où on ne risque pas de se faire
bousculer par un scoot ou même un vélo : on ne s’y promène qu’à pied. Ensuite
parce que la vue qu’on y découvre est très agréable. Malheureusement, l’entrée
en est payante. Entre 30 et 50 yuans selon les endroits (mais demi-tarif pour
le troisième âge de plus de 60 ans, même étrangers, dont nous faisons tous les
deux partie à notre retour en mars).
Les
remparts de Nanjing ont été construits sous le règne du premier empereur
Ming, à la fin du quatorzième siècle
(cela correspond à une petite partie du règne de Charles VI chez nous). Environ
200
000 ouvriers ont participé à leur édification.
Il
est amusant de constater que si on lance une recherche sur les remparts en
Chine, la majeure partie des articles qui apparaissent mentionnent en priorité
les remparts de Xi’an, dont je vous ai parlé dans un article précédent.
Or,
soyons résolument chauvins, les remparts de Nanjing étaient, à l’époque,
réputés les plus longs au monde, 33
km , dont subsistent aujourd’hui environ 22 km (14 km pour ceux de
Xi’an !).
(Sur le panneau explicatif ci-dessous, on parle même de 35 km dont 25 km encore debout).
Leur
résistance dans le temps est due à la qualité des matériaux employés (granit
pour les fondations, briques pour le corps, joints en mortier et riz gluant).
De
plus, en général, les villes chinoises sont encerclées par des remparts carrés,
marquant clairement le territoire. Mais, à Nanjing, les remparts ont été
construits de façon à épouser les collines environnantes et les contours
naturels de la ville.
On
en voit une maquette ici, exposée dans un petit musée situé à l’intérieur des
murailles.
On
reconnaît le lac au Nord, la montagne pourpre au Nord-Est et le Palais Impérial
dans la partie Est.
Les murailles étaient d'une hauteur moyenne de 12m,
d'une épaisseur de 14m à la
base
et de 7m au sommet. Les briques qui les composent proviennent de 5 provinces
différentes et ont plus de 600 ans d'histoire. Elles faisaient l'objet d'un
contrôle draconien : on y gravait la provenance, la date de fabrication,
le nom du contremaître et de l'artisan, parfois même la date de fabrication. Si une brique cassait, elle devait être
remplacée par le briquetier incriminé.
Images de quelques briques gravées.
Quelques-unes de ces briques sont conservées au musée de Nanjing.
Comme
je l’ai précisé plus haut, une partie des remparts n’existe plus (usure du
temps, destruction par les Japonais en 1937, …), il n’est donc pas possible de
faire le tour complet de la ville.
Nous
avons visité deux portions encore debout, la partie Nord-Est et la partie Sud.
Leur longueur est approximativement de 5 à 6 km chacune.
La
partie Nord-Est longe le lac Xuanwu et offre, par-dessus le mur ou entre deux
meurtrières, de jolies vues plongeantes sur le parc qui l’entoure.
Vue sur la montagne pourpre.
En contrebas des murs, un petit temple avec un moulin à prières.
Sur cette partie des remparts, on peut admirer le temple Jimingsi (temple du Chant du Coq en français).
Et
c’est à peu près à cet endroit qu’ont été placés les anneaux olympiques des Jeux
de la jeunesse organisés en 2014, anneaux que l’on voit de très loin ainsi que
la pagode du temple Jimingsi… surtout la nuit lorsqu’ils sont éclairés.
À certains endroits, la muraille est si large que des pièces sont aménagées à
l’intérieur. La salle d’exposition où on pouvait voir la maquette, par exemple.
Ou cette librairie (ou ce qui nous a semblé être une librairie).
Portions
rectilignes, portions courbes, la promenade est variée.
Une exposition de canons et autres engins de guerre.
Les remparts sont jalonnés par des portes imposantes.
La
porte Xuanwu vue d’en haut, puis d’en bas, la nuit.
Cette
photo vous rappelle quelque chose ? Oui, oui, c’est bien celle que nous
avons utilisée l’an dernier pour nos vœux !
Au
nord de ce premier parcours, une casemate qui prouve que les remparts
n’étaient pas seulement là pour délimiter la ville mais aussi pour la défendre.
Des sculptures rappellent ici aussi la participation de Nanjing aux Jeux Olympiques de la jeunesse en 2014.
Là
encore, la vue sur la ville est imprenable !
La promenade nous permet de vérifier ce que nous avons pu constater ailleurs : l'utilisation omniprésente des panneaux solaires.
Vue des remparts depuis les remparts !
La porte Sud porte
en toute simplicité le nom de 中华门 « zhōng huá mén », la porte de
la Chine. Elle
est constituée de 4 portes en enfilade qui possèdent chacune une herse afin
d’encercler l’ennemi entre 2 portes. La
première porte avait 3 niveaux mais la tour de l’horloge en bois qui se
trouvait au sommet a été détruite en 1937 quand les Japonais ont attaqué la
ville.
Vue de la porte côté extérieur :
Gros plan sur l'inscription :
Vue sur une des cours qui séparent les différentes portes :
Une rampe (visible sur la photo précédente) permettait aux soldats et aux chevaux d'accéder très rapidement à la partie haute.
Depuis
le haut de cette partie Sud des remparts, nous avons découvert une partie de
Nanjing dans laquelle nous sommes revenus plus tard et qui fera l’objet d’un
article ultérieur.




















