mardi 26 janvier 2016

Nanjing : ma troisième réalisation


Il ne faut se laisser abattre ni par le froid, ni par le manque de connexion internet. Nous réussissons donc à enregistrer quelques émissions sur Arte, et conséquence immédiate, si je regarde la télé, je brode !
Voici mon troisième tableau. C’est toujours très orienté sinisant, comme vous le constatez. Je ne sais pas encore ce que signifie le motif calligraphié mais je demanderai à la première occasion.
Et comme d’habitude, le motif était tracé à l’encre sur la toile, ce qui simplifie considérablement le travail. Inutile de se référer au modèle, il suffit de tirer l’aiguille…

J’ai toujours une petite appréhension quand je passe la broderie sous l’eau, peur que l’encre ne parte pas, qu’il reste des traces. Mais non, pour l’instant (c’est mon troisième ouvrage), tout s’est bien passé.




Votre avis ?

Nanjing : la montagne


Fin novembre, début décembre (oui, je sais, je ne suis pas très en avance dans mes articles…),  nous sommes allés à la montagne. Nous avons donc pris  le métro puis l’avion puis…
MAIS NON ! On y est allé à pied ! Car Nanjing, entre autres avantages, est bordé à l’Est par une montagne. « La montagne pourpre » que ça s’appelle.
Comment ça, je raconte n’importe quoi ?

Eh bien, lisez !


Ci-dessous, je vous agrandis le texte de cette photo. Au passage, vous apprécierez la haute qualité de la langue employée dans les explications. Il n’y a que du côté Est du lac qu’on trouve des panneaux en français. Le traducteur s’est défoncé sur une petite dizaine de panneaux, puis, on a supposé qu’il avait été débauché pour rédiger les modes d’emploi d’une clarté folle qu’on trouve sur les notices des articles « made in China » ou autres.


En comparant avec le texte en anglais, on a finement déduit que « la montagne-eau-bois » signifiait « paysage de campagne ». Nanjing était donc, au début du XXe siècle, une capitale à la campagne.


Petite note sans rapport avec la montagne : Monsieur Sun Yat-sen (12 nov 1866-12 mars 1925), considéré comme le « père de la Chine moderne » a été le premier président de la République de Chine en 1912 (Vous vous souvenez du quartier 1912 ?). On ne peut guère  mettre en doute ce que décrit un si grand personnage.

Il y a donc des montagnes à Nanjing. La preuve :




La montagne pourpre vue des remparts :


Il est curieux de constater que les Chinois qui habitent pourtant un pays immense n’hésitent pas à baptiser « montagnes » ces deux collines. D’après diverses sources, il semblerait que l’altitude des dites montagnes soit d’environ 500 mètres. Ces photos en donnent  une idée assez juste.

 Je plaisante avec la dénomination de montagne, mais quand on attaque la grimpette, on trouve que c’est bien assez haut ! On monte en suivant parfois une route, ou des escaliers par endroits, ou encore des sentiers. Beaucoup d’arbres, ce doit être plaisant au printemps. Et beaucoup de monde (même des touristes étrangers).

 

Il y a aussi un télésiège qu’on a courageusement utilisé le lendemain quand on y est retourné et qui nous a conduits en haut de la montagne la plus lointaine.


Vue sur la buvette « refuge » :


Arrivée :



Vue de Nanjing dans la brume :


A l’arrivée du télésiège, un petit sanctuaire (Toutuo Ridge Scenic Spot) renferme quelques sculptures dont ce bouddha considéré comme le plus massif au sud du Yang-Tsé, ou cette « déesse de l’eau ruisselante » (traduction de « water-dripping ») !!!




Clin d’oeil spécial aux Niortais :




Hommage à Liu Ji, conseiller militaire du fondateur de la dynastie Ming, qui s’est réfugié là pour fuir les tueurs envoyés par l’empereur.



Nanjing : la panacée universelle


Impossible de me souvenir quand nous en avons entendu parler pour la première fois. Et qui nous en a révélé l’importance …
Ce qu’on a remarqué nous-mêmes par contre, c’est que les Chinois emportent systématiquement leur thermos, ou bouteille ou gourde avec eux où qu’ils soient.






Sur les photos déjà  publiées, vous avez pu en voir aussi sur la table de mes élèves.

Alors c’est quoi la panacée universelle ?

Très simple : c’est l’eau chaude.

Le matin au réveil, une grande tasse d’eau chaude réchauffe le corps, le nettoie et le prépare à la dure journée qui s’annonce (je me contente de répéter ce qu’on m’a expliqué, hein !). Il convient de boire l’eau chaude pure, sans thé par exemple qui dénaturerait ses vertus. Seules quelques gouttes de jus du citron sont tolérées.

Pour se protéger des maladies ? De l’eau chaude ! Nul besoin de vaccin dans ce pays, il suffit de boire de l’eau chaude.
Un jour que Laurent s’inquiétait de savoir comment il était possible de se faire vacciner contre la grippe, il lui a été répondu par un jeune médecin irlandais qui se spécialise ici dans la médecine traditionnelle chinoise : « Inutile, buvez de l’eau chaude ! ». On s’est dit qu’il n’avait peut-être pas l‘intention d’exercer en Irlande… Ou alors la prochaine grippe ne sera pas asiatique, mais irlandaise !!!

Un Chinois sans eau chaude est un Chinois angoissé ! Vous pensez sans doute que j’exagère ? Pas du tout.  Un de mes collègues de français a demandé à ses élèves de raconter un de leur  pire souvenir. Dans sa rédaction, Zoé a écrit qu’elle est tombée malade pendant un séjour linguistique en France et s’est retrouvée à l’infirmerie du lycée. Elle a alors demandé de l’eau chaude. L’infirmière n’ayant pas pu accéder à sa demande, elle était désespérée. Se retrouver seule, dans un pays étranger, sans sa famille et SANS EAU CHAUDE, voilà le pire souvenir de cette petite Chinoise !

Du coup, on comprend mieux que l’équipement de base dans une maison ou dans une chambre d’hôtel soit la bouilloire. Et que les thermos fleurissent partout ici !
D’ailleurs, ils doivent bien les utiliser parce qu’il s’en vend quelques-unes.


Les élèves d’ici n’étant pas très différents des nôtres par certains côtés, ils « oublient » parfois leurs thermos dans tous les coins du lycée. Quelqu’un les a rassemblées à l’entrée !


On peut trouver de l’eau chaude un peu partout à disposition, dans les restaurants, les cafés. Au lycée aussi, distributeur d’eau chaude à 100° à tous les étages !


Et on l’utilise !   


Et vous, me direz-vous ? Nous ? Eh bien on sacrifie aussi, et avec plaisir, au rite de l’eau chaude. Tous les matins, de l’eau chaude additionnée d’un peu de citron ; au cours de la journée, de l’eau chaude ; avant le coucher, de l’eau chaude ; pendant la promenade, de l’eau chaude. 


Et il faut bien reconnaître que malgré la température très basse qui règne dans notre chambre, nous ne sommes, pour l’instant, pas tombés malades !

Alors, convaincus ?
Vous vous y mettez quand ?

Nanjing : ma deuxième réalisation


Alors tout d’abord retour sur image. Souvenez-vous !


Vous m’aviez demandé la signification de la calligraphie.
Le sinogramme du haut veut dire « sérénité », « calme ».
En dessous, deux poèmes qui se lisent de haut en bas. Celui de droite dit que la sérénité est bonne pour le corps de l’homme. Et celui de gauche que l’économie est une vertu importante, qui fait honneur à celui qui la pratique.

Explications fournies par mon jeune collègue de français et transcrites ici de mémoire. J’espère ne pas avoir trop déformé ce qu’il m’a expliqué.

Et je suis très satisfaite du sens de cette broderie !

Comme il ne faut pas se laisser abattre, j’en ai commencé et terminé une deuxième.
Même principe, la toile est imprimée au départ avec le motif coloré. Ça simplifie considérablement le travail, plus (trop) besoin de compter. Juste un peu quand le motif est décalé. Je vous donne les deux versions, avant lavage  et après. 


Très gai, très agréable à réaliser !

Votre avis ? 

Nanjing : les chiens


J’avais dans l’idée que si les Chinois aimaient les chiens, c’était principalement dans leur assiette.
Je ne sais pas si cette tradition perdure, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils les aiment aussi comme animaux de compagnie. On voit ici des quantités de chiens de toutes tailles et de toutes races, plutôt bien élevés si on en juge par leur capacité à suivre leur maître même s’ils ne sont pas attachés. Il semble que les maîtres soient plutôt des personnes âgées mais on voit également des plus jeunes en compagnie de peluches vivantes.

Le premier chien que l’on a remarqué ici est le chien Frisbee, ainsi surnommé par nous car … mais regardez plutôt !







Ce chien sympathique très joueur guette avec attention le frisbee que son  maître lui lance. Il saute vraiment très haut pour l’attraper et le rapporte ensuite fièrement à son maître. Je pense que c’est le chien le plus photographié de Nanjing. Il a toujours une cour d’admirateurs qui s’arrêtent pour le regarder et qui s’amusent de le voir réussir à (presque) tous les coups.

Les propriétaires de chiens se réunissent dans les parcs avec leurs animaux. Il y a beaucoup de caniches. Mais on voit également des chiens un peu plus imposants.


Ici, devant le Yangtse.

Le grand jeu est de lancer une balle ou un objet au chien qui s’amuse, comme Frisbee,  à aller le chercher.




Et pour venir jusqu’au parc, on utilise le scooter où le chien, par habitude, grimpe tout seul. 






Petit ou gros, il trouve sa place.


Il est hors de question que le chien-chien s’enrhume. Donc depuis qu’il fait plus froid, on l’emmaillote dans des petits manteaux tous plus originaux les uns que les autres.






La coquetterie n’est pas négligée. Observez le petit nœud dans les « cheveux » du caniche noir !

Le manteau est parfois une œuvre d’art !

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Mais quelquefois, il est tout simple.





Et la plupart des chiens y ont droit, même les gros.


Certains s’offrent même le luxe de marcher en bottines…


Je sais maintenant que le manteau est indispensable au chien bien né. Je suis donc décidée à réaliser pour Boom un joli manteau en laine rose qui sera du meilleur effet sur son poil blanc.  Je suis certaine qu’il sera ravi et ses maîtres aussi.
Il me faudrait ses mensurations siouplé !!!