lundi 30 novembre 2015

Nanjing : C’est l’automne


Dimanche dernier à la nuit tombante :


Hier, nous sommes allés nous promener au bord du lac. Il y avait un beau soleil qui nous a changés de la brume des 15 derniers jours. Je dis ‘brume’, hein, je ne dis pas ‘pollution’. Y a pas de pollution en Chine. C’est que des menteries des pays occidentaux.

Bref, on était très bien à marcher le long de la rive, on avait plus chaud que dans la chambre où on a une température vivifiante de 15°…

Les feuilles tombent, oui, c’est leur lot en automne.


Jolies feuilles de … ? Ginkgo biloba ?

Sur le lac, les lotus sont desséchés.


Pour comparaison :
mi-octobre   
                                                            

fin novembre.


Et les feuilles tombent… 

Nanjing : l’article que vous attendiez tous : mes élèves !


Ainsi qu’il en avait été convenu au départ, je suis venue en Chine pour travailler. Si, si !
Pour enseigner à ces chères têtes brunes quelques notions de mathématiques en français.

« Nommée à Nankin, au Lycée des langues étrangères », c’était tout ce que je savais. En dehors de cela, rien ne m’avait été précisé, ni le nombre d’heures de cours, ni le temps de présence obligatoire dans les murs, ni le niveau des élèves, ni le nombre d’élèves dans les classes, …
Cependant, un peu avant de partir, en réponse à mes nombreuses questions, j’avais reçu un mail me demandant si j’acceptais de donner des cours à option, dont un de ‘’conversation en français’’ où j’avais toute liberté de parler de ce que je voudrais, math ou pas.

J’étais bien entendu allée sur Internet cet été, pour avoir quelques renseignements sur l’enseignement en Chine. D’après les informations grappillées ici ou là, j’imaginais arriver au lycée vers 7h30 ou 8 heures après une bonne demi-heure de marche à pied, assister à la montée des couleurs, être obligée de déjeuner à la cantine tous les jours (une allocation cantine m’étant servie tous les mois à cet effet), enseigner à des classes de 50 gamins, rester dans un bureau tout le temps que je ne serais pas devant les élèves, recevoir régulièrement des élèves dans ce bureau et répondre à leurs nombreuses questions, repartir chez moi vers 16 ou 17 heures au mieux.  Ce qui semble être le quotidien de nombreux profs chinois.

Quant à Laurent, il se voyait homme au foyer (courses, cuisine, ménage, enfin bref, vous imaginez le tableau) et seul toute la journée (cf le commentaire du premier article de ce blog qui donne une idée de notre état d’esprit avant le départ).

Pour nous, la réalité est tout autre.
D’une part, nous logeons dans l’enceinte du lycée.  Il me faut 5 minutes, en traînant beaucoup, pour arriver en classe !
Ensuite, aucun bureau ne m‘a été attribué, ce qui fait que mon temps de présence est limité à mes heures de cours, le reste du temps, je fais ce qui me plaît, quand ça me plaît, où ça me plaît !
Enfin, je n’ai que 3 groupes d’élèves : deux groupes de 4ème (enfants de 13 ans) et un groupe de 5ème (enfants de 12 ans). Deux cours par semaine pour chaque, ce qui fait, oui, vous avez bien lu, 6 cours hebdomadaires…
Même pas honte… En plus chaque cours dure 40 minutes. Et ils sont regroupés par deux, ce qui me fait 1 h20 de cours trois fois par semaine, mardi, mercredi et jeudi, tous à 15 h50 car les cours à option sont placés en fin de journée.
Par contre, il y a de la préparation, car je fais des choses nouvelles par rapport aux années précédentes ! Disons autant de prép’ que de cours, à peu près.

La première fois que je suis arrivée dans une classe, j’ai découvert que j’avais un ordi dont l’écran est incrusté dans le bureau, et deux tableaux, un numérique et un tableau à craie, comme j’aime et dont j’avais été privée sans raison l’an dernier. Ah, si, soi-disant pour être moderne !!!



Mes élèves :

Je vais parler d‘abord du groupe de 5ème (conversation). Ils sont 25. Je les vois le mercredi. Marianne (vous vous en souvenez, c’est ma chef !) m’avait dit (cette Marianne a le sens des formules, c’est elle aussi qui nous avait prévenus qu’il y aurait ‘’un peu de bruit’’ à cause des travaux pendant la semaine dorée) :
« Ce sont des élèves qui ne parlent pas bien le français, tu seras obligée de leur expliquer en anglais ». OK. Pas de problème. 
Le jour dit, je commence en parlant lentement, ‘’je m’appelle Catherine, je suis Française, je suis votre professeur de français. Et toi, comment t’appelles-tu ?’’. Peu de réaction, je reprends, je fais répéter, puis, prise d’un doute, je demande en anglais : « Vous étudiez le français depuis combien de temps ? ».
« Depuis 10 minutes ! ». Ah, d’accord, je comprends mieux qu’ils ne « parlent pas bien le français » !!!
J’ai dû brillamment improviser le reste du cours car ce que j’avais préparé convenait mal à ces élèves novices en français.

Dès le cours suivant, j’ai repris à la base. La prononciation. Ça vous semble tout naturel de voir un A et un U et de dire « o » ou bien un A et un I et de dire « è » mais ce n’est pas simple du tout. Et je vous assure qu’il y en a des phonèmes particuliers. AU, AI, OI, IN,  EN, AN, ON, OU, CH, EAU, OIN, IEN, ILLE, et encore plein d’autres. Comme par hasard, de nombreux mots que j’avais employés en contiennent. Le C cédille, les lettres qu’on ne prononce pas à la fin des mots … autant de pièges pour ces petits.
En leur apprenant ces différents sons, je leur donne un peu de vocabulaire que je fais réemployer  ensuite. Et je les oblige à parler, à répéter, …
Ils en sont maintenant à fabriquer des petites phrases « j’aime les arbres verts »,  (ah, ce R), « j’aime manger des pommes rouges », …

La semaine dernière, je les ai photographiés.



Comme on peut en juger, tous ces élèves sont largement traumatisés par leur prof française !

Je vais maintenant parler du groupe que je vois le mardi. 25 élèves de 4ème qui, eux non plus, ne parlaient pas du tout le français en septembre et avec qui je fais aussi de la ‘’conversation en français’’.
Je fais avec eux les mêmes cours qu’en 5ème.

Photo du groupe :


Une idée de mon dernier cours : à gauche, une des diapositives du power point que je prépare à chaque fois ; à droite, sur le tableau à craie, des exemples de phrases fabriquées par les élèves. J’ai recopié les plus intéressantes. La leçon portait sur ‘’il y a’’ et ‘’on’’ avec utilisation de tous les mots ’’fruit’’ et ‘’légume’’ qu’on a vus depuis le début de l’année.


J’ai été très étonnée de m’apercevoir que ce sont les élèves eux-mêmes qui font le ménage dans la classe. J’imagine l’indignation des parents français apprenant que leur cher bambin est obligé de manier le balai dans la salle (qu’il aura contribué à salir).



Que dire d’autre : les élèves chinois se choisissent un prénom occidental. En tout cas ceux que je connais !
Comme ces élèves-là sont à la base anglicistes (je suis leur seule et unique ressource en français !), ils ont des prénoms anglais. On va de Jerry à Cheryll, en passant par Noon, Lily, Issey, Helen ou James. 

Dans un prochain article, je parlerai de mon dernier groupe d’élèves. Un groupe de 15 élèves de 4ème.

Ce qui me fait en tout 65 élèves, une petite goutte d’eau au sein de ce lycée d’élite, le meilleur de la région et reconnu comme tel et qui héberge plusieurs milliers d’élèves (probablement 4 à 5 000) qui vont de la 5ème (première classe du collège) à la terminale. Élèves triés sur le volet, recrutés sur concours à tel point qu’ils ne passent pas le Gaokao (équivalent du bac). On leur attribue sur dossier. Ils préparent des concours aux grandes écoles d’ingénieurs ou intègrent des universités prestigieuses américaines, canadiennes, australiennes et autres.

Tous les lundis matins, dès 7 heures et quart, avant le premier cours, on rassemble ces milliers d’élèves sur le stade, au son d’une musique très martiale. Défilé, montée et salut des couleurs, discours des adultes et/ou d’autres élèves qui leur rappellent leurs objectifs de la semaine et de l’année.










mercredi 25 novembre 2015

Nanjing : ‘’Et dans ce marché extraordinaire’’, … ou ‘’la réponse à la dernière question’’

Je vous la rappelle ici : « Mais qu’étais-je donc venue chercher dans ce marché ? ».
Qui a trouvé ?

Une fois n’est pas coutume, je commence par une photo.


Et que vend cette dame si souriante ?
Quelques gentes personnes, me connaissant bien, ont deviné : des kits de broderie !

Souvenez vous de notre invitation chez Marianne. J’étais tombée en arrêt devant ce tableau.


C’est bien sûr de la broderie que je voulais vendredi dernier !
Vous allez me demander si j’ai trouvé quelque chose qui me convient. Un peu, oui, …
En réalité, j’ai fait une razzia ! J’y ai laissé un nombre confortable de pépettes, encore que, pas tant que ça finalement quand on voit tout ce que j’ai acheté !


lundi 23 novembre 2015

Nanjing : un marché extraordinaire ou ‘‘la caverne d’Ali Baba’’

Nos vendredis se suivent et ne se ressemblent pas…  Ah si, un peu quand même.
Vendredi dernier, c’était la virée à Carrefour. Vous vous souvenez ? J’ai envoyé l’article tout à l’heure !!!
Hier, nous sommes allés dans le Sud de Nanjing, j’avais une course à y faire.

Bus tout d’abord, le 2 (on le prend près du lycée sur le trottoir opposé, je précise pour ceux qui envisagent de venir à Nanjing, comme ça, ils ne perdront pas de temps à chercher !). On en a raté un de quelques secondes, il a fallu attendre au moins 15, heu… 10 minutes le suivant.
Près de trois quarts d’heure de bus pour atteindre ce quartier, difficile d’y aller à pied !

Une fois arrivés, j’ai commencé à me renseigner dans une boutique : le jeune vendeur avait le très bon goût de parler l’anglais, il m’a fait un plan et m’a écrit en chinois le nom du marché où nous devions aller. De proche en proche, en demandant régulièrement, nous sommes arrivés dans un endroit extraordinaire, totalement inattendu. Une vraie merveille !
J’avais déjà vu ça à Chengdu, et aussi à Ho Chi Minh Ville.
Sur plusieurs hectares, le long d’allées tracées au cordeau, à l’intérieur d’un bâtiment, des successions de petits magasins qui vendent de tout et regorgent de marchandises.

On y trouve pêle-mêle une profusion d’objets de toutes sortes, batterie de cuisine, clés, multiprises, chaînes de vélo, sacs en plastique pour emballer les fruits et les légumes, pinceaux, fils, parapluies, bouteilles thermos, semelles, produits ménagers, savons, papeterie,  jouets en peluche, rubans, que sais-je encore ? Ah, oui, des coussins, des calendriers, des protections contre le froid à installer sur les scooters,…
Chaque boutique a sa spécialité et chaque spécialité a son allée !
Les photos étant plus parlantes que les mots, je vous laisse découvrir.





Comme on peut le voir, les boutiques sont si petites et si pleines que souvent, les vendeurs sont assis dans l’allée.





J’aime tout particulièrement cette exposition de parapluies !

En ressortant du marché, on trouve d’autres boutiques à l’air libre.



Des tricoteuses, et dans la vitrine les petits manteaux terminés. 





Au détour d’une allée, vous la voyez ?

 



Sa Maman tient le magasin et elle, elle fait studieusement ses devoirs et reproduit des sinogrammes avec application !

En sortant de ce marché, c’était l’heure du goûter : une douce odeur de pâtisserie a aiguisé notre petite faim et nous a conduits devant une boutique bien sympathique. Gâteaux garantis aux œufs frais ! Et la file d’attente qui attendait patiemment la nouvelle fournée nous permettait de penser que la qualité était au rendez-vous.
Et comme vous le devinez, on s’est laissé tenter !
Miam, un grand sac plein de petits gâteaux tout juste sortis du four : ils étaient très bons, merci ! Et, de plus, leur parfum a embaumé le bus du retour !!!




Bilan des courses, nous sommes revenus avec une multiprise, un coussin de chaise, une bouteille thermos et ….

Mais qu’étais-je donc venue chercher ici ???

Nanjing : solidarité et empathie


Depuis 3 ou 4 jours, j’avais remarqué cet hommage au Petit Prince et ce vélo tricolore à l’entrée du lycée.

Ce matin (samedi 21 novembre) un petit panneau a été posé devant l‘œuvre.



Nanjing : quelques courses

La semaine dernière, nous sommes allés à Carrefour. Oui, je ne vous ai pas dit ? Nous avons un Carrefour ici, pas très loin du quartier 1912, vous savez celui qui est sponsorisé par Coca… Ah zut, j‘avais dit que je ne citerais pas la marque. Tant pis, trop tard ! Il nous faut une trentaine de minutes à pied pour y aller.

Que trouve-t-on à Carrefour ? Ma foi, de tout, ou à peu près : alimentation locale avec, en prime, un petit rayon ‘’importation’’, habillement, linge de maison, petit électroménager, quincaillerie, … bref, comme chez nous.

Petit aperçu d’un rayon essentiel ici : le riz !

En sacs de 5 ou 10 kg :


ou en vrac :


Je précise qu’en Chine, les prix sont systématiquement donnés pour un demi-kilo.

On y a acheté parfois du fromage (hors de prix et peu de choix), de la confiture (pas donnée), des produits de toilette (français très chers, chinois raisonnables), …

Vendredi  dernier, le but était d’acheter des couettes. Car les nuits à Nanjing commencent à être frisquettes et je vous rappelle que nous n’avons pas  de chauffage (en dehors de la clim’ inversée),  ainsi que c’est la norme dans les maisons chinoises.
Nous sommes tombés sur deux vendeuses très serviables, qui nous ont bien aidés et bien conseillés. Ça nous a changés de la passivité habituelle de leurs collègues, plus attentives à  leur portable qu’aux chalands analphabètes que nous sommes, perplexes devant la multitude des choix.

Nous sommes ainsi repartis avec deux grandes (2m sur 2.3m) et belles couettes identiques, blanche pour Monsieur et, comme il se doit, rose pour Madame. Ainsi qu’avec une parure de drap, housse et taies que nous nous sommes répartis, housse pour Monsieur et drap pour Madame.
Ce qui change un peu la déco de notre ‘’studio’’ (oui, on dit ‘’studio’’ quand on est d’humeur joyeuse).

Avant : 



Après :


Et maintenant, à vous de trouver les 7 changements. Vos réponses en commentaire.

lundi 16 novembre 2015

Nanjing : une de nos grandes occupations


L’une de nos grandes occupations pour occuper nos petites soirées est de regarder la télé !
Toi aussi ? Ah, bah, c’est pas original, alors !
Sauf que…, nous, on n’a pas la télé…
Note bien qu’on a une grande télé dans notre piaule, enfin, on l’avait, parce que depuis 2 ou 3 semaines, on l’a virée dans l’autre chambre car elle prenait trop de place et que les programmes de télé en Chine, outre qu’on n’y comprend rien, ressemblent, pour ce qu’on peut en voir, au pire de TF1 : jeux débiles ou feuilletons dégoulinants de niaiserie.

Alors on enregistre sur l’ordi. Ça semble simple, à lire comme ça.
Sauf que… il faut passer par le net, je te bassine assez avec ça, tu sais que c’est déjà un problème, la connexion étant ‘fluctuante’, dira-t-on pour ne pas la contrarier encore plus.
Et, ceux qui sont allés à l’étranger le savent bien, pour capter par internet les programmes français, il faut être en France. Sauf que… nous ne sommes pas en France.
Alors on essaie finement de tromper l’ennemi, en passant par un VPN (c’est une sorte de masquage de l’adresse IP de l’ordi, je n’explique pas plus ce qu’est un VPN. Ceux qui s’intéressent au truc n’ont qu’à se renseigner, zut alors, je vais pas faire tout le boulot pour eux non plus). Sauf que… les VPN téléchargés avant de partir ne fonctionnent pas, ce serait trop facile.
On ne peut donc rien voir de la télé française, sauf que… il y a ARTE.
On ne comprend pas bien pourquoi mais on peut enregistrer Arte sans VPN, peut-être parce qu’elle est un peu allemande en plus d’être française.
«Vous êtes sauvés alors ! » me diras-tu. Ben non. Parce qu’on peut enregistrer Arte, (pas tout, hein, quelques documentaires et de rares films), mais il faut un programme spécial.
Sauf que… le programme, on l’a lui aussi installé sur l’ordi avant de partir (trop malins !)
Sauf que… on en revient toujours au même point il faut une connexion.

Alors, je vais la faire courte maintenant, on choisit les moments ’creux’, les WE par exemple, le wifi passe moins mal. Ou en matinée quand c’est encore la nuit en France.
On lance le programme, on prie le bon Dieu que ça marche, on choisit parmi les émissions d’Arte en replay, et on lance l’enregistrement.
Et là, commence la fascination. On pourrait rester des heures à surveiller le débit (à plus de 200Ko/s, on jubile !) et l’avancement de l’enregistrement.  Il  arrive fréquemment qu’il se bloque, à 33% ou à 51% ou à 83% (c’est sympa, là !). On doit tout recommencer. Parfois le programme  nous annonce 57 heures d’enregistrement pour un film qui dure 1h30 : à 2 ou 3 Ko/s, il faut du temps ! On se relaie devant l’écran, on s’exclame (« Ah, presque 65%, bientôt fini »). On angoisse quand on arrive à 90%, va-t-il aller au bout ?

Mais quelle joie quand on nous annonce « enregistrement terminé ».



Oui, on a réussi à enregistrer le « Hussard sur le toit » ainsi que le docu sur la vie de Flemming, c’était gentil de demander !
Voilà voilà, chacun ses petites satisfactions !!!