Nanjing : dans les pas des « Baguettes Chinoises »
De
retour en France durant les vacances du Nouvel An Chinois, j’ai emprunté à la
bibliothèque de Saint-Maixent un livre intitulé « les Baguettes
Chinoises ».
Ce roman est écrit par Xinran (chinoise née à Pékin en 1958) qui a souhaité raconter les histoires de jeunes femmes rencontrées lorsqu'elle était journaliste. pour protéger leur identité, elle les présente dans son livre comme trois sœurs, née à la campagne dans la province de l'Anhui, qui viennent à la ville pour travailler. Elle décide de situer son roman à Nankin.
Explication du titre : Sœurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée incapable d'enfanter un fils. Elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur répète leur père, sont comme des baguettes, utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres qui soutiennent le toit d'une maison.
Xinran raconte :
« J’ai eu grand plaisir à écrire sur Nankin, ma ville préférée en Chine. D’importance majeure dans l’histoire chinoise et située sur le cours inférieur du Yangzi, elle fut choisie par six dynasties comme capitale et par Sun-Yat-sen également quand il devint président provisoire de la République de Chine fondée le 29 décembre 1911. Les vestiges qui témoignent de sa longue histoire sont multiples : le superbe temple de Confucius sur les rives de la rivière Qinhuai et l’imposant mur d’enceinte érigé entre 1366 et 1386 par l’empereur Zhu Yuanzhang qui fonda la dynastie des Ming. Bien qu’il s’agisse de la plus ancienne du monde, cette solide muraille fut construite avec tant d’ingéniosité qu’elle se dresse encore aujourd’hui, presque indemne. Il va de soi que le Nankin moderne s’est étendu bien au-delà de ses anciennes frontières, et des treize portes qui existaient à l’origine, il n’en subsiste plus que deux. Mais lorsqu’on marche sur les remparts, comme j’aimais le faire quand je vivais et travaillais dans cette ville, on peut voir en contrebas les arbres centenaires qui bordent les anciennes douves et replonger dans le passé. Nankin est connue pour ses fleurs de prunier et, au printemps, j’adorais regarder les premiers boutons roses s’ouvrir et se détacher sur le vert foncé des cèdres. A l’extérieur du mur d’enceinte, des parcs sont apparus où, tout au long du jour, des promeneurs se succèdent pour se reposer dans la verdure. Le matin, les personnes âgées viennent y faire de l’exercice ou jouer aux échecs ; plus tard dans la journée, les femmes s’y retrouvent pour bavarder, faire leurs travaux de couture et préparer les légumes ; et en début de soirée, les hommes enfin y font une halte, en revenant du travail, jusqu’à ce que leurs femmes ou enfants les rappellent à la maison pour le dîner.
Ce roman est écrit par Xinran (chinoise née à Pékin en 1958) qui a souhaité raconter les histoires de jeunes femmes rencontrées lorsqu'elle était journaliste. pour protéger leur identité, elle les présente dans son livre comme trois sœurs, née à la campagne dans la province de l'Anhui, qui viennent à la ville pour travailler. Elle décide de situer son roman à Nankin.
Explication du titre : Sœurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée incapable d'enfanter un fils. Elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur répète leur père, sont comme des baguettes, utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres qui soutiennent le toit d'une maison.
Xinran raconte :
« J’ai eu grand plaisir à écrire sur Nankin, ma ville préférée en Chine. D’importance majeure dans l’histoire chinoise et située sur le cours inférieur du Yangzi, elle fut choisie par six dynasties comme capitale et par Sun-Yat-sen également quand il devint président provisoire de la République de Chine fondée le 29 décembre 1911. Les vestiges qui témoignent de sa longue histoire sont multiples : le superbe temple de Confucius sur les rives de la rivière Qinhuai et l’imposant mur d’enceinte érigé entre 1366 et 1386 par l’empereur Zhu Yuanzhang qui fonda la dynastie des Ming. Bien qu’il s’agisse de la plus ancienne du monde, cette solide muraille fut construite avec tant d’ingéniosité qu’elle se dresse encore aujourd’hui, presque indemne. Il va de soi que le Nankin moderne s’est étendu bien au-delà de ses anciennes frontières, et des treize portes qui existaient à l’origine, il n’en subsiste plus que deux. Mais lorsqu’on marche sur les remparts, comme j’aimais le faire quand je vivais et travaillais dans cette ville, on peut voir en contrebas les arbres centenaires qui bordent les anciennes douves et replonger dans le passé. Nankin est connue pour ses fleurs de prunier et, au printemps, j’adorais regarder les premiers boutons roses s’ouvrir et se détacher sur le vert foncé des cèdres. A l’extérieur du mur d’enceinte, des parcs sont apparus où, tout au long du jour, des promeneurs se succèdent pour se reposer dans la verdure. Le matin, les personnes âgées viennent y faire de l’exercice ou jouer aux échecs ; plus tard dans la journée, les femmes s’y retrouvent pour bavarder, faire leurs travaux de couture et préparer les légumes ; et en début de soirée, les hommes enfin y font une halte, en revenant du travail, jusqu’à ce que leurs femmes ou enfants les rappellent à la maison pour le dîner.
En 2002, je suis retournée en pèlerinage dans un
de mes coins favoris, la portion de muraille située au Sud de la ville. J’ai
été stupéfaite de voir à quel point elle avait changé. Des centaines d’immeubles
étaient sortis de terre au-delà des remparts, comme autant de pousses de bambou
après la pluie, et une avenue commerçante était née. L’endroit est parfait,
ai-je pensé, c’est là, près de la porte Zhonghuamen qui depuis six cents ans
traverse les épreuves du temps et a été témoin de tant de joies et de peines,
que doit débuter l’histoire de mes
baguettes ! »
Le début du
roman :
« Près des anciennes douves de Nankin, se
trouve un vieux saule majestueux très apprécié des résidents voisins. A l’ombre
des ses branches les hommes jouent aux échecs, les femmes épluchent leurs
légumes et se distraient en papotant. De temps à autre, elles jettent un coup
d’œil au-delà des douves, au mur d’enceinte décrépit dont la porte magistrale
remonte à l’époque des Ming. Aujourd’hui, il n’est plus si facile de repérer le
saule dans le tohu-bohu : le marché local, qui propose aussi bien des
fruits et des légumes que des animaux et des vélos, est devenu si populaire que
les foules s’y pressent dans les ruelles autour des éventaires et dans les
boutiques… ».
Une
fois revenus à Nanjing après notre congé de février, j’ai voulu découvrir les
lieux où se déroule cette histoire.
Direction
plein Sud (pour rappel, nous habitons le Nord-Est de la ville). Nous avons de
la chance, de la station de métro qui est à côté du lycée, c’est direct pour la
porte Zhonghuamen. Il y a 5 ou 6 stations.
Nous
voici au pied de la muraille. C’est la portion des remparts Sud dont j’ai parlé
dans mon précédent article.
Où
est le « saule majestueux » ? Il y a des saules un peu partout.
Nous
trouvons un parc étendu : est-ce celui dont parle Xinran ?
Des
gens y dansent.
D’autres bavardent paisiblement ou jouent, comme un peu partout
en Chine.
Des
tables de ping-pong sont presque toutes occupées ! Il faut des activités pour tous les âges.
Une
petite chorale s’est formée, chacun chante en suivant la partition.
Quelques femmes pratiquent un sport que je ne connais pas, elles utilisent un sabre.
Le champion au diabolo :
Comme
dans la majorité des parcs que nous avons pu voir en Chine, un espace
gymnastique est à la disposition de chacun.
Alors,
bien sûr, nous en profitons…
…
selon nos capacités !
















