jeudi 22 septembre 2016

Nanjing : le lycée NFLS


Retour sur mon « petit » lycée chinois, le NFLS, Nanjing Foreign Language School, Lycée des Langues Étrangères de Nanjing. Je m’y suis un jour promenée, et, au fil des étages, j’ai pris quelques photos.

La façade principale. Notez le poste de gardiennage sur la droite. 




Dès l’entrée, le ton est donné. Sur le panneau en façade, on lit : « To educate our students to be open to international understanding in a modern world while maintening their Chinese soul ». Ci-dessous, on voit les photos des élèves qui ont reçu une médaille d’or dans différents concours nationaux et internationaux, pour leurs travaux en physiques, informatique,  mathématiques…


Je rappelle que ce lycée accueille plus de 4000 élèves. Certains bâtiments ont 7 étages, d’autres 4.
Je suis sûre de ne pas avoir vu tous les bâtiments qui se succèdent, se croisent en laissant de nombreuses zones agrémentées d’arbres, d’arbustes et de fleurs aussi. Mais en voici quelques-uns.










Entre tous ces bâtiments, il y a de nombreuses cours parfois meublées de tables et de bancs qui permettent aux élèves de travailler le soir ou le week-end.








Le département de français du lycée a été créé en 1963. Cette Tour Eiffel a été édifiée en 2013 pour le cinquantenaire. Remarquez le petit vélo à côté. Quand on pédale, une lumière s’allume au sommet de la tour !!!
Elle rappelle également les échanges existant entre le NFLS et certains lycées français. Par exemple, en avril, une trentaine de jeunes Français de Fontainebleau sont venus en séjour scolaire à Nanjing. C’est classe, je trouve, un voyage scolaire en Chine, non ?

Un peu partout, des affiches ou des panneaux lumineux prêchent la bonne parole et glorifient les bonnes actions. Nos anciennes leçons de « morale »…
Je ne sais pas si on pourra lire les textes. Mais, par exemple, dans le grand panneau, la dernière phrase est « In this school, we are preparing for the world of tomorrow ». Tout un programme !




Si on ajoute à cela le gymnase de trois étages, le stade d’athlétisme, les nombreux panneaux de basket et autres jeux qui longent tout un côté du bâtiment, sans oublier la salle de théâtre de plus de 750 places où se déroulent les différents spectacles préparés par les élèves au cours de l’année, on aura une idée du gigantisme du lieu. 




Les salles de classe sont, pour la plupart, conçues pour une cinquantaine ou une soixantaine d’élèves. Elles sont donc vastes et très lumineuses. L’équipement de chaque salle est à peu près le même partout : un double tableau à craie qui coulisse et un tableau numérique à côté, couplé à un ordi placé dans le bureau du prof.
Dans ce lycée, l’uniforme est un jogging blanc à rayures bleu et orange. On en voit quelques vestes sur les dossiers des chaises. Remarquez aussi les thermos d’eau chaude sur les tables, dans les sacs ou les casiers, la belle maxime certainement très moralisatrice au dessus du tableau et le drapeau de la Chine. 


Je n’ai malheureusement pas découvert où étaient les salles spécialisées, sciences physiques, biologie par exemple.

Par contre, j’ai trouvé les salles des profs. « Les » salles des profs ? Ben oui ! On imagine bien qu’avec autant d’élèves dans le lycée,  le nombre de profs est conséquent. Je suis sans doute très en dessous de la réalité en avançant le nombre de 500 profs.
Chaque professeur a un bureau dans l’établissement. Donc, à chaque étage du lycée, il y a plusieurs salles qui accueillent chacune une quinzaine de profs qui disposent ainsi d’un espace personnel avec ordi (avec internet), bureau, tiroirs et étagères, le tout gracieusement fourni par l’administration.




D’après ce que j’ai compris, dans chaque salle,  les profs sont regroupés plus ou moins par discipline et par niveau d’enseignement. Par exemple, mon jeune collègue Alexandre, professeur de français en 4ème, a son bureau dans la même salle que d’autres professeurs de 4ème qui enseignent tous les langues, l’anglais pour la plupart.
Les professeurs chinois sont présents dans l’établissement tous les jours du lundi au vendredi de 7h 20 à 15 ou 16 h. Ils peuvent donc, lorsqu’ils ne sont pas devant les élèves, préparer leurs cours, faire leurs recherches, corriger leurs copies, … Ils restent ainsi à la disposition des élèves qui les retrouvent là s’ils veulent des explications supplémentaires, des éclaircissements ou des compléments sur le cours.
Les profs y font également la sieste, boivent leur eau chaude (il y a un distributeur dans la salle !), consultent leurs téléphones portables, s’occupent de leurs affaires personnelles, bref, passent le temps comme ils peuvent.

Comme on le constate, l’organisation d’un lycée est bien différente de la nôtre et la démesure du pays se retrouve dans la taille de cet établissement.

Je terminerai mon article avec cette dernière photo.


Y a-t-il beaucoup de lycées en France qui ont des plaques d’égout à leur nom ? 


mercredi 22 juin 2016

Nanjing : Complément sur le mariage en Chine

Devant les nombreuses réactions et questions suscitées par la couleur de la robe de la mariée, voici quelques précisions.
Traditionnellement, la robe portée par la mariée était rouge. A compter des années 80, la mode a évolué vers une tendance plus occidentale. Avec l’évolution du niveau de vie, les dépenses se sont d’ailleurs intensifiées. Les invités sont plus nombreux, le repas se transforme en festin.

Actuellement, la mariée fait des photos avec sa robe blanche et se change au cours de la cérémonie pour porter une robe rouge. Par contre, le marié reste avec son costume occidental tout au long de la journée.

Pour plus d’informations, je vous joins le lien vers un article qui parle de cette évolution.
http://www.chinatoday.com.cn/french/Societe/article/2011-06/29/content_460059.htm

lundi 20 juin 2016

Nanjing : Mariés


Pour garder de jolis souvenirs de son mariage, rien de tel que les photos. En Chine, on ne fait pas exception à la règle. On imagine bien que dans un pays où les gens vivent le téléphone portable (= appareil photo) greffé dans la main et mitraillent tous azimuts, les photos sont nombreuses ce jour-là. Réalisées par les invités sans doute, mais surtout par un photographe professionnel.

Nous avons eu l’occasion d’assister à de nombreux shootings car les mariés se font photographier dans les parcs et les nombreux sites exceptionnels de la ville.
Dans le parc qui est autour du lac, il y a un « jardin des amoureux » : je crois qu’à chaque fois que nous l’avons longé, nous avons vu des mariés.

Mariés qui ne se déplacent pas seuls. Autour d’eux, une armada plus ou moins nombreuse : photographe, assistant du photographe, assistant de l’assistant, maquilleuse, assistante de la maquilleuse, petite main, …

Voici, glanés au long de nos promenades, quelques couples très glamour.


Un autre couple avec l’équipe en action. Le photographe perché sur un escabeau pour une photo en plongée pendant que le second tient le voile déployé. On remarque que le futur tient le manteau de sa promise le temps de la pose : nous sommes en novembre !



Un peu plus loin, l’assistant lâche le voile  et part en courant pendant que l’artiste mitraille ! 



En décembre, sur les remparts, un autre couple, en contre-plongée. La mariée est très admirée… Et quelle jolie robe !  



Au bord du lac, deux mariées mais pas de marié… ??? Peut-être des photos pour un catalogue ?
La deuxième mariée a les pieds nus ! L’assistante tient son manteau, nous ne sommes qu’en mars…


Sur la colline des pruniers en fleurs, un joli décor pour une belle photo. Tiens c’est Monsieur qui tient le bouquet… 



Les mariées se plient à tous les désirs des photographes. Et n’hésitent pas à s’allonger sur l’herbe pour des photos qui souhaitent surprendre !


Plus classique, avec une ombrelle ; ou une magnifique traîne déployée devant les tours de Nanjing. 


Originale, la mariée en rouge photographiée à Xi’an. 


Lorsque les sites choisis pour les photos sont vraiment exceptionnels, ici, au parc national du Potatso, dans le nord du Yunnan, la mariée retrouve ses réflexes de jeune fille et sort son portable pour immortaliser l’endroit. Vous me direz que le marié n’a rien de mieux à faire que de passer un coup de fil à un vieux pote (enfin, on l’espère).


Il n’est pas rare de voir plusieurs couples aux mêmes endroits : ainsi, dans le Yunnan, au pied de la Montagne Enneigée du Dragon de Jade (oui, ça jette, je sais) devant une cascade fréquentée par des hordes de touristes, deux couples se partageaient le site.





Pour arriver à cet endroit, il fallait traverser le ruisseau en évitant de se « gameller » sur les pierres glissantes. 


Passer le petit torrent en talons hauts eût été périlleux. La mariée a fait preuve de beaucoup de pragmatisme en gardant ses … converses !



lundi 30 mai 2016

Nanjing : sixième réalisation


Parlons un peu  de mes broderies… comment ça, vous n’en avez rien à faire ? Pourtant je vous entends d’ici (ben oui, pourquoi pas ?) : « Elle ne brode plus cette grosse paresseuse ? ». Grosse, je suis d’accord, mais, malgré le boulot harassant que je fournis auprès de mes chers élèves, je trouve encore la force de travailler un peu le soir !

Et voici le résultat.
Tout d’abord la toile telle que je l’ai sortie du paquet. Environ 55/56 cm sur 29/30 cm.



La même, avec les « ficelles ». 56 couleurs !


Deux mois plus tard, c’est-à-dire hier, c’était ça :


Après il a fallu faire la chasse aux croix oubliées. Avant lavage, j’en ai retrouvé une cinquantaine alors que je croyais avoir terminé. Et tout à l’heure, j’en ai refait une bonne vingtaine ; ainsi que des croix pas finies. Il y en a encore car j’ai repéré une croix pas terminée mais impossible de la retrouver.

Après lavage : 


Très agréable à broder, je me suis régalée.
Je me suis dispensée de deux ou trois motifs, vous voyez lesquels ? 

Je profite de cet article pour vous montrer que les Chinoises brodent aussi, et pas qu’un peu :                                               
La toile (elle est repliée dans la grosse pince) mesure pas loin de 2 mètres sur au moins 80 cm et représente un paysage du Huangshan, la montagne jaune.

Nanjing : calligraphie chinoise et écriture


À Xi’an, dans une petite rue qui semblait dédiée à la calligraphie, il se vendait des pinceaux de toutes tailles et de toutes formes, des papiers et de l’encre.
Des artistes faisaient étalage de leurs talents sur des supports variés : papiers de toutes tailles, de toutes couleurs et probablement de tous grammages,  éventails, affiches, …


Je n’avais jamais vu une telle profusion de pinceaux, ni d’aussi beaux, aussi originaux et aussi grands.





Artistes à l’œuvre : 




Quelques panneaux terminés : 



On peut parfois admirer  une calligraphie  de l’éphémère où les caractères sont tracés avec de l’eau sur un sol dallé.


J’ai assisté à une leçon de calligraphie : le maître explique qu’il est essentiel de tenir son pinceau très vertical entre le pouce et l’index, le majeur donnant la force et la direction du trait (ce que l’on voit bien sur la deuxième photo). 

 

Lors de sa leçon, il a notamment montré la différence entre certains caractères anciens et le caractère simplifié correspondant.
En effet, l’écriture ancienne était considérée comme compliquée et on a pensé qu'elle freinait l'alphabétisation de la population, le développement de la littérature et la modernisation du pays.

Donc, à l’arrivée des communistes au pouvoir, vers les années 1950/1960, une réforme de l’écriture se met en place, après de nombreuses études et propositions de lettrés. Elle consiste à simplifier la majorité des caractères de son écriture pour faciliter son apprentissage.

En même temps, il a été créé un alphabet phonétique à base de lettres latines, le hanyu pinyin (拼音) qui fut publié en 1958 et avait pour but de remplacer totalement les sinogrammes afin de devenir l'écriture nationale. Ce projet a finalement été abandonné. En effet, les Chinois étaient attachés à leur système logographique qui symbolisait l'unité nationale. Malgré les nombreuses langues parlées en Chine, un texte écrit avec des sinogrammes reste très compréhensible par la population ; alors que le même texte écrit en hanyu pinyin nécessite la connaissance du mandarin, pas encore appris de tous à cette époque.
Aujourd'hui, le hanyu pinyin n'est plus utilisé que pour les dictionnaires, l'apprentissage du mandarin et la saisie de sinogrammes sur ordinateur.

Une critique importante envers la simplification est la perte de sens des caractères chinois. Par exemple, le caractère 門 (mén, « porte »), symbolisait comme on le voit une porte à deux battants. Mais sa forme simplifiée 门, comportant trois traits seulement, a visiblement perdu ses battants. Citons également le caractère 愛 (Ài, « amour ») qui, dans sa forme simplifiée 爱 s'est vu dépossédé de sa composante 心 au milieu du caractère, qui désigne le cœur. 

Quelques autres exemples de simplification :

Les premiers caractères étaient des pictogrammes, ils représentaient de façon stylisée une image. Avec le temps leur dessin a évolué mais certains gardent encore leur lisibilité. Par exemple : OREILLE


D’autres deviennent plus symboliques, exemple : POISSON


Pour écrire cet article, je me suis référée entre autre à wikipédia :

Terminons avec un petit jeu :
Voici douze pictogrammes anciens. Retrouver ce qu’ils représentent :

Chariot / crapaud / enfant / griffes / homme / montagne / mouton / œil / pluie / ruisseau / soleil / tortue


Ces douze caractères ont évolué. Voici leur écriture actuelle. Essayez de retrouver leur sens. 


Solution dans le prochain article, alors, on cherche, on cherche…