À Xi’an, dans une petite rue qui semblait dédiée à la calligraphie, il se vendait des pinceaux de toutes tailles et de toutes formes, des papiers et de l’encre.
Des artistes faisaient
étalage de leurs talents sur des supports variés : papiers de toutes
tailles, de toutes couleurs et probablement de tous grammages, éventails, affiches, …
Je n’avais jamais vu une telle profusion de pinceaux, ni d’aussi beaux, aussi originaux et aussi grands.
Artistes à l’œuvre :
Quelques
panneaux terminés :
On
peut parfois admirer une
calligraphie de l’éphémère où les
caractères sont tracés avec de l’eau sur un sol dallé.
J’ai assisté à une leçon de calligraphie : le maître explique qu’il est essentiel de tenir son pinceau très vertical entre le pouce et l’index, le majeur donnant la force et la direction du trait (ce que l’on voit bien sur la deuxième photo).
Lors de sa leçon, il a notamment montré la différence entre certains caractères anciens et le caractère simplifié correspondant.
En
effet, l’écriture ancienne était considérée comme compliquée et on a pensé
qu'elle freinait l'alphabétisation de la population, le développement de la
littérature et la modernisation du pays.
Donc,
à l’arrivée des communistes au pouvoir, vers les années 1950/1960, une réforme
de l’écriture se met en place, après de nombreuses études et propositions de
lettrés. Elle consiste à simplifier la majorité des caractères de son écriture
pour faciliter son apprentissage.
En
même temps, il a été créé un alphabet phonétique à base de lettres latines, le
hanyu pinyin (拼音) qui fut publié en
1958 et avait pour but de remplacer totalement les sinogrammes afin de devenir
l'écriture nationale. Ce projet a finalement été abandonné. En effet, les
Chinois étaient attachés à leur système logographique qui symbolisait l'unité
nationale. Malgré les nombreuses langues parlées en Chine, un texte écrit avec
des sinogrammes reste très compréhensible par la population ; alors que le
même texte écrit en hanyu pinyin nécessite la connaissance du mandarin,
pas encore appris de tous à cette époque.
Aujourd'hui,
le hanyu pinyin n'est plus utilisé que pour les dictionnaires,
l'apprentissage du mandarin et la saisie de sinogrammes sur ordinateur.
Une
critique importante envers la simplification est la perte de sens des
caractères chinois. Par exemple, le caractère 門 (mén, « porte »),
symbolisait comme on le voit une porte à deux battants. Mais sa forme
simplifiée 门,
comportant trois traits seulement, a visiblement perdu ses battants. Citons
également le caractère 愛 (Ài, « amour ») qui, dans sa forme
simplifiée 爱
s'est vu dépossédé de sa composante 心 au milieu du caractère, qui désigne le cœur.
Quelques
autres exemples de simplification :
Les
premiers caractères étaient des pictogrammes, ils représentaient de façon
stylisée une image. Avec le temps leur dessin a évolué mais certains gardent
encore leur lisibilité. Par exemple : OREILLE
D’autres
deviennent plus symboliques, exemple : POISSON
Pour
écrire cet article, je me suis référée entre autre à wikipédia :
Terminons
avec un petit jeu :
Voici
douze pictogrammes anciens. Retrouver ce qu’ils représentent :
Chariot / crapaud / enfant
/ griffes / homme / montagne / mouton / œil / pluie / ruisseau / soleil /
tortue
Ces douze caractères ont évolué. Voici leur écriture actuelle. Essayez de retrouver leur sens.
Solution
dans le prochain article, alors, on cherche, on cherche…





J'ai hésité pour l'homme et le mouton. Je crois que le mouton est tout en bas à gauche et l'homme tout en haut, le 2ème en partant de la gauche. Pas de problème pour les autres.
RépondreSupprimerSinon, je dirais : min= le chariot ; yang le mouton ; che, je suis embêtée parce que je sais que c'est le véhicule (donc a priori le chariot) ; donc c'est que min c'est le crapaud et pas le chariot ; accessoirement pour compléter ton article, il y a eu une simplification dans la simplification, et che s'écrit désormais 车 (peut-être que d'autres caractères sont concernés, ça ne m'étonnerait pas que min et gui aient changé... je vérifie... bingo, la tortue, c'est désormais 龟. Je n'ai pas vérifié les autres); chuan le ruisseau, shan la montagne, mu l’œil, zi l'enfant, ren l'homme, yu la pluie, ri le soleil, zhao la griffe, gui la tortue.