En
semaine, nous déjeunons à la cantine du lycée, toute proche.
Vu
de notre chambre, l’escalier qui conduit à la cantine du lycée. La cantine, c’est
le bâtiment en avancée à droite. Nous y déjeunons du lundi au vendredi.
Mais
les samedis et dimanches, nous sommes contraints de faire 300 mètres de plus
pour aller à un petit resto que nous appelons l’annexe. Pour l’atteindre on
doit risquer sa vie car on doit traverser la route. Cf l’article précédent ! Il
faut manger pour vivre, autant éviter de mourir pour manger. On fait donc
attention !!!
L’annexe,
de l’extérieur, ressemble à un fast-food. C’est d’ailleurs ce qu’on s’était dit
les premiers jours quand on a commencé à explorer le quartier. On n’avait pas
voulu y entrer !!!
C’est
un resto populaire, il y a toujours beaucoup de monde. La salle n’est pas très
grande et la difficulté consiste à trouver où s’asseoir. La stratégie à employer ? Déléguer un membre
du groupe pour faire les commandes à la caisse (en l’occurrence, de nous deux,
c’est moi !) tandis que le reste de la troupe fait le siège à côté d’une
table dont les occupants comprennent assez vite qu’ils doivent dégager le
terrain.
Mais
heureusement, ce n’est pas dans l’esprit du pays de traîner à table. Le genre,
c’est repas aux baguettes et tambour battant !
Dit
comme cela, ça a l’air sauvage, mais en réalité, cette méthode est appliquée
dans un esprit bon enfant par tous les clients.
Et
pas question de vouloir la table pour soi tout seul, la plupart du temps, on
partage en frères : 2 Français, 2 Chinois.
Les
bols vides laissés par les précédents clients sont rapidement desservis, la
table en formica essuyée d’un tour de main et apprêtée pour la fournée suivante. Ça tourne vite.
On
commande, on paye. Tout en haut, la liste des plats est affichée… en chinois.
Alors,
me direz-vous très étonnés, tu parles bien un peu le chinois pour pouvoir
commander ?
-
Ah, non, non ! Pas du tout ! J’utilise le système A !
Non, pas le système D ! Le Système A, je
vous dis !
-
Mais koitesse ?
- Réfléchissez !
A comme ?
-
Annexe ?
-
Mais noooooon, pas A comme annexe. A comme AnAlphAbAite !!!
-
Mais encore ?
C’est
très simple. Les premières fois, on montrait à la caissière qu’on voulait « comme
à la table, là », sans vergogne, avec notre doigt énergiquement pointé
vers la soupe ou le plat.
Maintenant,
c’est plus élaboré. J’ai photographié, sous le regard gentiment amusé et
surpris de nos voisins chinois, toute une série de plats, à droite ou à gauche
de notre table, qui nous semblaient appétissants. Et je montre sur mon appareil
la photo à la caissière ! Mon truc est connu maintenant, elle sait qu’elle
va avoir droit à la petite photo.
Ça donne
ceci
ceci
cela
ou encore
La
spécialité de l’endroit, les raviolis.
Excellents !
On a
aussi goûté
et
et
et
Une
valeur sûre, les nouilles sautées aux légumes servies avec la petite soupe de
saison !
Ça,
c’est en réserve… Pas très tentée.
J’ai
aussi un stock de tickets de caisse (deuxième astuce de l’analphabète) que
j’annote au fur et à mesure, on fait notre marché dedans ! Ce qui vous
permet de constater à quel point on se ruine en mangeant deux fois par semaine
au resto ! Je rappelle une fois de plus aux étourdis du fond que le yuan
vaut un FF.
Donc
la soupe de nouilles au porc, 13 yuans, c’est environ 2 euros. Bon, en même
temps, c’est que des nouilles, hein !
L’endroit
est très fréquenté, je l’ai dit. En semaine, des élèves du lycée y déjeunent. Le
week-end, on y vient en famille, les couples
avec enfant, voire bébé. Les vieux, qui emportent chez eux les raviolis qu’ils
n’ont pas mangés. Les jeunes, seuls ou en groupe. Les grands-parents avec leur
petit-enfant et quelquefois les parents, 3 générations sur une même table. Et
nous ! Qui nous faisons remarquer parce qu’on n’a pas forcément la bonne
technique avec les baguettes. Mais on nous montre, on s’entraîne et on progresse ! A table,
la proximité incite au dialogue, quelque peu compliqué par notre
incompréhension linguistique réciproque, mais le langage des mains et des sourires est universel. Et, parfois,
nos voisins sont des jeunes, qui parlent anglais !
Vue
générale de la salle :
L’attente
d’une table :
Maman,
bébé
Des plus
jeunes
aux plus
âgés :
La
petite fille qui suit avait clairement été sollicitée par son papa pour nous
parler en anglais. Et apparemment, ça ne lui plaisait pas. On l’a rassurée en
lui disant qu’on était français. Son soulagement a été visible et
immédiat ! Et elle a pris la pose !
Baguettes
d’une main et portable de l’autre ! Peu importe que la copine soit assise
en face, il n’a pas décroché un mot de tout le repas !