lundi 14 décembre 2015

Nanjing : le danger permanent


Je sens déjà votre inquiétude (comment ça, non ?). Mais vous aussi êtes exposés à un danger permanent, la traversée d’une rue ! Moins que nous cependant !

Ici, nous sommes dans une petite ville, il faudrait vérifier le nombre exact,  mais Nanjing ne compte que 8 millions d’habitants. D’où probablement autant de deux ou quatre roues.  Qui circulent en principe sur les voies réservées à cet effet.
Les grands axes ici sont donc triples : une large artère doublée de part et d’autre par deux belles pistes cyclables, le tout bordé par deux trottoirs.


On pourrait  penser, grands naïfs que nous sommes, que sur les voies centrales roulent les voitures ; sur les pistes cyclables, les deux-roues ; et que les trottoirs sont le domaine réservé des piétons. Que nenni !

Il nous faut mériter nos sorties en subissant l’épreuve de la « traversée de rue » ! Pour ce faire, en général, un passage « piétons » est bien marqué au sol. Devant le lycée, par exemple. 



Il convient tout de même de protéger la future élite de la nation. Mais il n’y a pas de feu tricolore.
Comme nous sommes des piétons français que « le code de la route protège » nous avons des habitudes de « Français que le code de la route protège ». Nous pensons, pauvres crédules, que le piéton chinois bénéficie de la même protection. Donc nous empruntons le passage « piétons » en confiance. Vous remarquerez que je ne parle pas de « passage protégé » car ici, c'est juste un passage où il est aisé pour les automobilistes de se débarrasser en une seule fois d'un grand nombre de gêneurs.

La vérité m’oblige cependant à avouer que le piéton est souvent averti par un coup de klaxon bienveillant. A lui de comprendre qu’il a intérêt à dégager fissa, parce que l’autre, là, celui qui lui corne aux oreilles,  estime  que c’est sa file et qu’il ne s’en détournera pas d’un pouce.

Se mettre une bonne fois dans la tête que le roi sur la route, c’est l’automobiliste. Et que, sans même savoir s’il peut rapidement dégager, il s’avancera en vous bloquant le passage. Qu’il pleuve des cordes ou que vous soyez chargés comme des baudets ne rentre aucunement en considération. Le conducteur, par principe, ne vous remarque pas ! 

Après la reine-voiture, le scooter est le prince. Ensuite, le vélo.
Le piéton ? Sans carrosserie ? Tout à fait négligeable !

De plus on n’entend pas les véhicules arriver. Quatre-vingt-dix-neuf voitures et scooters sur cent sont électriques (ou hybrides), parfaitement silencieux. Autant nous apprécions hautement de ne pas respirer les gaz d’échappement en permanence, autant il faut reconnaître que c’est d’autant plus dangereux !

Mais reprenons notre route.

Traverser la première piste cyclable. Un regard à gauche. Pas de vélo, pas de scooter. Ok ! On s'engage. Erreur monumentale parce qu'il faut aussi regarder à droite. Rouler à contre sens est ici une pratique courante qui ne semble choquer personne. 
Puis on s’engage sur la rue. C’est toujours très casse-gueule. Le bus qui cache un taxi arrivant comme un fou, la voiture qui ralentit pour mieux accélérer ensuite, autant de pièges pour le malheureux piéton.
Et au moment où on se croit sauvé, attention à la voiture traîtresse sur la deuxième piste cyclable. Quoi ? J’ai dit quelque chose d’incongru ? Vous ne saviez pas qu’ici, les voitures empruntent les pistes cyclables  sans se poser de questions ? De même que les scooters roulent sur les trottoirs.

Y a pas de problème, ça pimente l’existence.

Et si je rajoute qu’en plus, la nuit, une partie du trafic se fait sans phare, on imagine assez bien le tableau, non ? 

Scooter et vélo sur le trottoir  


Voitures sur la piste cyclable (en face du lycée)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire