jeudi 24 décembre 2015

Nanjing : C’est Noël !


Certains m’ont demandé ce qui se passe ici pour Noël.

Il y a encore trois jours, je répondais « pas grand-chose ». Certes, j’avais vu un père Noël à la devanture d’un coiffeur. Il est beau en blanc aussi, non ? Il y en avait un en rouge chez le coiffeur de l’autre côté de la rue, mais je préfère celui-ci !


Ma collègue interrogée m’avait répondu que, non, on ne fête pas Noël dans les familles chinoises, en tout cas, chez elle, on ne fait rien. Éventuellement, un (petit) cadeau pour les très jeunes enfants.

Et puis, samedi dernier, on a vu ces décorations à la porte de l’ "annexe" (vous vous souvenez, notre cantine du week-end). 


Mais surtout, nous avons, Laurent et moi, reçu un cadeau de la part du département français du lycée. C’est mon jeune collègue, Alexandre, qui s’est chargé de l’achat. Je dois avouer qu’il nous en avait parlé « sous le sceau du secret » pour nous demander ce qui nous ferait plaisir. Après une seconde de réflexion, nous avions répondu en chœur « du chocolat ». Très difficile d’en trouver ici, c’est notre quête permanente. Quand on trouve une nouvelle boutique, on écume le magasin à la recherche des précieuses plaques. Et si on trouve, on vide le rayon !!!

En début de semaine, il nous a remis nos cadeaux et deux cartes, avec un petit message sympathique pour chacun, signé par tous mes collègues de français. 


Nous avons particulièrement apprécié que Laurent y soit associé.

C’est tout de même la première fois depuis près de 20 ans que je reçois un cadeau de la part de mes collègues !

Depuis ce matin, un petit sapin a été installé sous le hall à l’entrée du lycée.  

mercredi 23 décembre 2015

Nanjing : les petits métiers (3) ou la rue au travail (suite)


Après un repos bien mérité et réparateur, nous voici maintenant devant les … réparateurs de vélo et de deux-roues en général !

Ils sont très nombreux et on les trouve vraiment à tous les coins de rue. Pas besoin de vous expliquer les raisons de cette fréquence, vous les devinerez aisément.





La ville de Nanjing dispose bien entendu d’un système d’enlèvement des ordures ménagères par camions qui passent durant la nuit ou très tôt le matin. Mais, en plus, toute la journée, des salariés s'affairent pour que les poubelles publiques ne débordent pas. 




Le vélo-poubelles du lycée 


Ces ramassages réguliers se font avec des véhicules motorisés ou non, plus ou moins neufs et même plutôt moins que plus.
Pour ceux qui lisent sans avoir complètement connecté leurs neurones, nous traduisons : ils utilisent très souvent une antiquité que le ferrailleur de Suzhou (photo ci-dessous) serait heureux de récupérer.
C’est là qu’on voit comment finissent les scooters : recyclés !


Enfin nous avons les équilibristes de la livraison tant sur leur manière de tracter leur chargement que sur la manière d'équilibrer les charges sur les engins de portage. Ces derniers aussi, plus ou moins neufs, encore une fois plutôt moins que plus (pas de précision supplémentaire sur la manière de comprendre cette phrase : votre réflexion a pris son rythme de croisière).  
       


Il existe aussi un portage sur chariot,  poussé généralement par un homme, parfois une femme, qui se lance sans crainte dans la circulation des pistes cyclables ou des avenues.   



Les transports se font aussi en tricycle, non motorisé, et la marchandise est priée de descendre à grands coups de gaffe.



Et tout peut être transporté sur les deux-roues.


mardi 22 décembre 2015

Nanjing : les petits métiers (2) ou la rue au travail


Nous nous déplaçons le plus souvent à pied dans les rues de Nanjing et d'ailleurs. Et notre regard a été attiré par des activités de rue qui, pour les étrangers que nous sommes, sortent de l'ordinaire. Et comme notre devise est « jamais sans l’appareil photo »,  nous avons un grand nombre de clichés à vous montrer.

Pour certains métiers c'est la vétusté et la pauvreté de l'outil de travail qui a retenu notre attention : les vendeurs ambulants par exemple.

Vendeuses de patates douces brûlantes.




Ici, on vous prépare une « crêpe » salée et épicée ou de la barbe à papa.




Mais on vend aussi des vêtements, des fruits ou des plantes :






Ailleurs, c'est l'originalité des diseurs de bonne aventure ou la rareté d'une cireuse de chaussures, profession croisée une unique fois à  Suzhou et jamais à Nanjing.









Dans la rue également, la couturière et la trieuse de graines vues à Suzhou.


 

On a admiré le costume des ‘tireurs de touristes’ le jour de la fête nationale.


Et la robe si seyante du joli modèle devant les photographes à Suzhou.  


Et maintenant un peu de repos, la suite au prochain numéro ! 


mardi 15 décembre 2015

Nanjing : ma première réalisation


Ainsi que vous le savez, il y a un mois, j’ai acheté « quelques » kits de broderie, avec toile, aiguilles, diagramme… et ficelles comme il se doit !
Et je n’ai pas pu résister au plaisir d’en commencer un rapidement. J’ai abandonné celui sur lequel je travaillais depuis notre arrivée. Il sera beaucoup plus long à terminer, j’en reparlerai. Celui que j’ai choisi n’était pas compliqué, bicolore, ça a été vite fait.
Et voilà le travail :


Pas mal, hein ?
Je perçois une grimace de votre part… Quelque chose ne vous plaît pas ?

Ah, c’est le sujet, un peu chinois peut-être ? C’est sûr, c’est très orienté, je dirais même extrême-oriental !
Je ne sais pas ce que ces caractères veulent dire, mais en l’achetant, on s’est dit finement avec Laurent que ça pouvait difficilement être une grosse insulte et le motif était plaisant.
Il y en avait deux du même genre, j’ai préféré celui-là.

Non, ce n’est pas le motif qui vous gêne ? Alors les couleurs peut-être ? Le noir (oui, je sais ce n’est pas une couleur, mais on me pardonnera cette petite erreur) ? Ou le rose 353 (pour celles qui ont un nuancier) ?
Bien évidemment, il me reste plein de coton. Comme toujours, c’est prévu très large. Je crois que j’en aurai assez pour en refaire un autre !

Décidément, je ne vous sens pas emballées (je mets au féminin, car j’imagine que seules les gentes dames seront intéressées par cet article).

Je ne comprends pas. D’habitude, vous êtes les premières à me dire « ah, c’est trop meugnon ».

Voyons, voyons, que je cherche ce qui pourrait vous déplaire…

Je ne vois pas…
Enfin, si ! Je vois bien un truc, mais … Vous n’avez quand même pas imaginé que tous les tracés, les lignes toutes les 10 croix, les couleurs qui marquaient le dessin au départ sur la toile allaient y rester ?

J’ai simplement passé l’ouvrage sous le robinet pendant quelques minutes. Je ne vous dis pas la couleur du jus infâme qui a dégorgé, sans salir mes cotons (bon, oui, je reconnais, j’avais une petite appréhension !).

Maintenant ça donne ça :


Alors ? On dit quoi ? 

lundi 14 décembre 2015

Nanjing : l’annexe


En semaine, nous déjeunons à la cantine du lycée, toute proche.
Vu de notre chambre, l’escalier qui conduit à la cantine du lycée. La cantine, c’est le bâtiment en avancée à droite. Nous y déjeunons du lundi au vendredi. 


Mais les samedis et dimanches, nous sommes contraints de faire 300 mètres de plus pour aller à un petit resto que nous appelons l’annexe. Pour l’atteindre on doit risquer sa vie car on doit traverser la route. Cf l’article précédent ! Il faut manger pour vivre, autant éviter de mourir pour manger. On fait donc attention !!!

L’annexe, de l’extérieur, ressemble à un fast-food. C’est d’ailleurs ce qu’on s’était dit les premiers jours quand on a commencé à explorer le quartier. On n’avait pas voulu y entrer !!!



C’est un resto populaire, il y a toujours beaucoup de monde. La salle n’est pas très grande et la difficulté consiste à trouver où s’asseoir.  La stratégie à employer ? Déléguer un membre du groupe pour faire les commandes à la caisse (en l’occurrence, de nous deux, c’est moi !) tandis que le reste de la troupe fait le siège à côté d’une table dont les occupants comprennent assez vite qu’ils doivent dégager le terrain.

Mais heureusement, ce n’est pas dans l’esprit du pays de traîner à table. Le genre, c’est repas aux baguettes et tambour battant !

Dit comme cela, ça a l’air sauvage, mais en réalité, cette méthode est appliquée dans un esprit bon enfant par tous les clients.

Et pas question de vouloir la table pour soi tout seul, la plupart du temps, on partage en frères : 2 Français, 2 Chinois.

Les bols vides laissés par les précédents clients sont rapidement desservis, la table en formica essuyée d’un tour de main et apprêtée pour la fournée suivante. Ça tourne vite.


On commande, on paye. Tout en haut, la liste des plats est affichée… en chinois.



Alors, me direz-vous très étonnés, tu parles bien un peu le chinois pour pouvoir commander ?
- Ah, non, non ! Pas du tout ! J’utilise le système A ! 
  Non, pas le système D ! Le Système A, je vous dis !
- Mais koitesse ? 
- Réfléchissez ! A comme ? 
- Annexe ? 
- Mais noooooon, pas A comme annexe. A comme AnAlphAbAite !!! 
- Mais encore ? 

C’est très simple. Les premières fois, on montrait à la caissière qu’on voulait « comme à la table, là », sans vergogne, avec notre doigt énergiquement pointé vers la soupe ou le plat.
Maintenant, c’est plus élaboré. J’ai photographié, sous le regard gentiment amusé et surpris de nos voisins chinois, toute une série de plats, à droite ou à gauche de notre table, qui nous semblaient appétissants. Et je montre sur mon appareil la photo à la caissière ! Mon truc est connu maintenant, elle sait qu’elle va avoir droit à la petite photo. 
Ça donne ceci  


ceci


cela

                                     

ou encore

                                    

La spécialité de l’endroit, les raviolis. 

                                   

Excellents !
On a aussi goûté  


et

                                          

et

                                         

et

                                          

Une valeur sûre, les nouilles sautées aux légumes servies avec la petite soupe de saison !


Ça, c’est en réserve… Pas très tentée.

               

                                     

J’ai aussi un stock de tickets de caisse (deuxième astuce de l’analphabète) que j’annote au fur et à mesure, on fait notre marché dedans ! Ce qui vous permet de constater à quel point on se ruine en mangeant deux fois par semaine au resto ! Je rappelle une fois de plus aux étourdis du fond que le yuan vaut un FF.
Donc la soupe de nouilles au porc, 13 yuans, c’est environ 2 euros. Bon, en même temps, c’est que des nouilles, hein !


L’endroit est très fréquenté, je l’ai dit. En semaine, des élèves du lycée y déjeunent. Le week-end, on y vient en famille,  les couples avec enfant, voire bébé. Les vieux, qui emportent chez eux les raviolis qu’ils n’ont pas mangés. Les jeunes, seuls ou en groupe. Les grands-parents avec leur petit-enfant et quelquefois les parents, 3 générations sur une même table. Et nous ! Qui nous faisons remarquer parce qu’on n’a pas forcément la bonne technique avec les baguettes. Mais on nous montre,  on s’entraîne et on progresse ! A table, la proximité incite au dialogue, quelque peu compliqué par notre incompréhension linguistique réciproque, mais le langage des mains  et des sourires est universel. Et, parfois, nos voisins sont des jeunes, qui parlent anglais !

Vue générale de la salle :


L’attente d’une table :     
                                     
                                      

Maman, bébé


Des plus jeunes
                                                           
                                          

aux plus âgés : 


La petite fille qui suit avait clairement été sollicitée par son papa pour nous parler en anglais. Et apparemment, ça ne lui plaisait pas. On l’a rassurée en lui disant qu’on était français. Son soulagement a été visible et immédiat ! Et elle a pris la pose !


Baguettes d’une main et portable de l’autre ! Peu importe que la copine soit assise en face, il n’a pas décroché un mot de tout le repas !