lundi 14 décembre 2015

Nanjing : l’annexe


En semaine, nous déjeunons à la cantine du lycée, toute proche.
Vu de notre chambre, l’escalier qui conduit à la cantine du lycée. La cantine, c’est le bâtiment en avancée à droite. Nous y déjeunons du lundi au vendredi. 


Mais les samedis et dimanches, nous sommes contraints de faire 300 mètres de plus pour aller à un petit resto que nous appelons l’annexe. Pour l’atteindre on doit risquer sa vie car on doit traverser la route. Cf l’article précédent ! Il faut manger pour vivre, autant éviter de mourir pour manger. On fait donc attention !!!

L’annexe, de l’extérieur, ressemble à un fast-food. C’est d’ailleurs ce qu’on s’était dit les premiers jours quand on a commencé à explorer le quartier. On n’avait pas voulu y entrer !!!



C’est un resto populaire, il y a toujours beaucoup de monde. La salle n’est pas très grande et la difficulté consiste à trouver où s’asseoir.  La stratégie à employer ? Déléguer un membre du groupe pour faire les commandes à la caisse (en l’occurrence, de nous deux, c’est moi !) tandis que le reste de la troupe fait le siège à côté d’une table dont les occupants comprennent assez vite qu’ils doivent dégager le terrain.

Mais heureusement, ce n’est pas dans l’esprit du pays de traîner à table. Le genre, c’est repas aux baguettes et tambour battant !

Dit comme cela, ça a l’air sauvage, mais en réalité, cette méthode est appliquée dans un esprit bon enfant par tous les clients.

Et pas question de vouloir la table pour soi tout seul, la plupart du temps, on partage en frères : 2 Français, 2 Chinois.

Les bols vides laissés par les précédents clients sont rapidement desservis, la table en formica essuyée d’un tour de main et apprêtée pour la fournée suivante. Ça tourne vite.


On commande, on paye. Tout en haut, la liste des plats est affichée… en chinois.



Alors, me direz-vous très étonnés, tu parles bien un peu le chinois pour pouvoir commander ?
- Ah, non, non ! Pas du tout ! J’utilise le système A ! 
  Non, pas le système D ! Le Système A, je vous dis !
- Mais koitesse ? 
- Réfléchissez ! A comme ? 
- Annexe ? 
- Mais noooooon, pas A comme annexe. A comme AnAlphAbAite !!! 
- Mais encore ? 

C’est très simple. Les premières fois, on montrait à la caissière qu’on voulait « comme à la table, là », sans vergogne, avec notre doigt énergiquement pointé vers la soupe ou le plat.
Maintenant, c’est plus élaboré. J’ai photographié, sous le regard gentiment amusé et surpris de nos voisins chinois, toute une série de plats, à droite ou à gauche de notre table, qui nous semblaient appétissants. Et je montre sur mon appareil la photo à la caissière ! Mon truc est connu maintenant, elle sait qu’elle va avoir droit à la petite photo. 
Ça donne ceci  


ceci


cela

                                     

ou encore

                                    

La spécialité de l’endroit, les raviolis. 

                                   

Excellents !
On a aussi goûté  


et

                                          

et

                                         

et

                                          

Une valeur sûre, les nouilles sautées aux légumes servies avec la petite soupe de saison !


Ça, c’est en réserve… Pas très tentée.

               

                                     

J’ai aussi un stock de tickets de caisse (deuxième astuce de l’analphabète) que j’annote au fur et à mesure, on fait notre marché dedans ! Ce qui vous permet de constater à quel point on se ruine en mangeant deux fois par semaine au resto ! Je rappelle une fois de plus aux étourdis du fond que le yuan vaut un FF.
Donc la soupe de nouilles au porc, 13 yuans, c’est environ 2 euros. Bon, en même temps, c’est que des nouilles, hein !


L’endroit est très fréquenté, je l’ai dit. En semaine, des élèves du lycée y déjeunent. Le week-end, on y vient en famille,  les couples avec enfant, voire bébé. Les vieux, qui emportent chez eux les raviolis qu’ils n’ont pas mangés. Les jeunes, seuls ou en groupe. Les grands-parents avec leur petit-enfant et quelquefois les parents, 3 générations sur une même table. Et nous ! Qui nous faisons remarquer parce qu’on n’a pas forcément la bonne technique avec les baguettes. Mais on nous montre,  on s’entraîne et on progresse ! A table, la proximité incite au dialogue, quelque peu compliqué par notre incompréhension linguistique réciproque, mais le langage des mains  et des sourires est universel. Et, parfois, nos voisins sont des jeunes, qui parlent anglais !

Vue générale de la salle :


L’attente d’une table :     
                                     
                                      

Maman, bébé


Des plus jeunes
                                                           
                                          

aux plus âgés : 


La petite fille qui suit avait clairement été sollicitée par son papa pour nous parler en anglais. Et apparemment, ça ne lui plaisait pas. On l’a rassurée en lui disant qu’on était français. Son soulagement a été visible et immédiat ! Et elle a pris la pose !


Baguettes d’une main et portable de l’autre ! Peu importe que la copine soit assise en face, il n’a pas décroché un mot de tout le repas !


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