jeudi 19 janvier 2017

Nanjing : les remparts

                                            Nanjing :  les remparts 

Monter et marcher le long des remparts est une promenade qui nous a bien  plu durant notre séjour. Parce que c’est un des rares endroits à Nanjing où on ne risque pas de se faire bousculer par un scoot ou même un vélo : on ne s’y promène qu’à pied. Ensuite parce que la vue qu’on y découvre est très agréable. Malheureusement, l’entrée en est payante. Entre 30 et 50 yuans selon les endroits (mais demi-tarif pour le troisième âge de plus de 60 ans, même étrangers, dont nous faisons tous les deux partie à notre retour en mars).

Les remparts de Nanjing ont été construits sous le règne du premier empereur Ming,  à la fin du quatorzième siècle (cela correspond à une petite partie du règne de Charles VI chez nous). Environ 200 000 ouvriers ont participé à leur édification.
Il est amusant de constater que si on lance une recherche sur les remparts en Chine, la majeure partie des articles qui apparaissent mentionnent en priorité les remparts de Xi’an, dont je vous ai parlé dans un article précédent.
Or, soyons résolument chauvins, les remparts de Nanjing étaient, à l’époque, réputés les plus longs au monde, 33 km, dont subsistent aujourd’hui environ 22 km (14 km pour ceux de Xi’an !).
(Sur le panneau explicatif ci-dessous, on parle même de 35 km dont 25 km encore debout).


Leur résistance dans le temps est due à la qualité des matériaux employés (granit pour les fondations, briques pour le corps, joints en mortier et riz gluant).

De plus, en général, les villes chinoises sont encerclées par des remparts carrés, marquant clairement le territoire. Mais, à Nanjing, les remparts ont été construits de façon à épouser les collines environnantes et les contours naturels de la ville.
On en voit une maquette ici, exposée dans un petit musée situé à l’intérieur des murailles.
On reconnaît le lac au Nord, la montagne pourpre au Nord-Est et le Palais Impérial dans la partie Est.


 Le plan des remparts est affiché sur des panneaux d’information le long du parcours.

  
Les murailles étaient d'une hauteur moyenne de 12m, d'une épaisseur de 14m à la base et de 7m au sommet. Les briques qui les composent proviennent de 5 provinces différentes et ont plus de 600 ans d'histoire. Elles faisaient l'objet d'un contrôle draconien : on y gravait la provenance, la date de fabrication, le nom du contremaître et de l'artisan, parfois même la date de fabrication. Si une brique cassait, elle devait être remplacée par le briquetier incriminé.

Images de quelques briques gravées.







 Quelques-unes de ces briques sont conservées au musée de Nanjing.


 Comme je l’ai précisé plus haut, une partie des remparts n’existe plus (usure du temps, destruction par les Japonais en 1937, …), il n’est donc pas possible de faire le tour complet de la ville.

Nous avons visité deux portions encore debout, la partie Nord-Est et la partie Sud. Leur longueur est approximativement de 5 à 6 km chacune.

La partie Nord-Est longe le lac Xuanwu et offre, par-dessus le mur ou entre deux meurtrières, de jolies vues plongeantes sur le parc qui l’entoure.




Vue sur la montagne pourpre.


En contrebas des murs, un petit temple avec un moulin à prières.



Sur cette partie des remparts, on peut admirer le temple Jimingsi (temple du Chant du Coq en français).



Et c’est à peu près à cet endroit qu’ont été placés les anneaux olympiques des Jeux de la jeunesse organisés en 2014, anneaux que l’on voit de très loin ainsi que la pagode du temple Jimingsi… surtout la nuit lorsqu’ils sont éclairés.



À certains endroits, la muraille est si large que des pièces sont aménagées à l’intérieur. La salle d’exposition où on pouvait voir la maquette, par exemple. Ou cette librairie (ou ce qui nous a semblé être une librairie).


    
Portions rectilignes, portions courbes, la promenade est variée.



Une exposition de canons et autres engins de guerre.






Les remparts sont jalonnés par des portes imposantes.
La porte Xuanwu vue d’en haut, puis d’en bas, la nuit.



Cette photo vous rappelle quelque chose ? Oui, oui, c’est bien celle que nous avons utilisée l’an dernier pour nos vœux !

Au nord de ce premier parcours, une casemate qui prouve que les remparts n’étaient pas seulement là pour délimiter la ville mais aussi pour la défendre.



La partie Sud des remparts offre une promenade un peu plus large.



Des sculptures rappellent ici aussi la participation de Nanjing aux Jeux Olympiques de la jeunesse en 2014.



Là encore, la vue sur la ville est imprenable !     








La promenade nous permet de vérifier ce que nous avons pu constater ailleurs : l'utilisation omniprésente des panneaux solaires.




Vue des remparts depuis les remparts !



La porte Sud porte en toute simplicité le nom de 中华门 « zhōng huá mén », la porte de la Chine. Elle est constituée de 4 portes en enfilade qui possèdent chacune une herse afin d’encercler l’ennemi entre 2 portes.  La première porte avait 3 niveaux mais la tour de l’horloge en bois qui se trouvait au sommet a été détruite en 1937 quand les Japonais ont attaqué la ville. 

Vue de la porte côté extérieur :



Gros plan sur l'inscription : 


   Vue sur une des cours qui séparent les différentes portes : 

                                

   

Une rampe (visible sur la photo précédente)  permettait aux soldats et aux chevaux d'accéder très  rapidement à la partie haute.


Depuis le haut de cette partie Sud des remparts, nous avons découvert une partie de Nanjing dans laquelle nous sommes revenus plus tard et qui fera l’objet d’un article ultérieur.




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