vendredi 16 août 2019

le HuangShan


"Oh là", pensez-vous avec un air ébahi, se pourrait-il  que l'auteur de ce blog passionnant se décide enfin, avec quelques 3, voire 4 ans de retard pour certains posts encore à venir, à compléter ses articles sur la Chine ? Inimaginable... et pourtant...

Le site du HuangShan (littéralement : montagne jaune, "shan", c'est  "montagne" et du coup, "huang", oui, oui, pas de piège, c'est "jaune") est proche (à l'échelle du pays) de Nanjing, environ 350 km. Il est suffisamment célèbre (classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1990) pour nous donner des envies d'évasion !
On voit sur la carte ci-dessous la localisation du HuangShan, en orange (j'ai rajouté une petite croix violette pour situer Nanjing, légèrement sur la droite de la lettre "i" de Hefei).





Nous avons donc fait ce petit voyage au HuangShan en mai 2016. Précisément, nous sommes partis le jeudi 12 au soir et revenus le mardi 17 au petit matin. Ce week-end n'a pas empiété sur mes horaires de travail puisque, souvenez-vous, je trimais comme une forçate (oui, néologisme, j'assume) 6 heures par semaine entre le mardi 15 h et le jeudi 17 h.

Nous avons pris le train de nuit, donc couchettes. Ça a d'ailleurs constitué la première difficulté du voyage puisque la guichetière à la gare prétendait refuser de nous vendre des couchettes dures (= "bas de gamme"). Je ne sais plus si je l'ai déjà expliqué mais il existe en Chine 3 modes de transport pour le train. Les sièges, les moins chers. Les couchettes molles, en cabines fermées de 4, les plus chères. Et il y a une catégorie intermédiaire, les couchettes dures, par 6, en box non fermé. Bien entendu, il y a moins de place en hauteur. Un collègue nous avait fortement déconseillé ce type de couchette car "vous aurez la couchette du dessus juste sur votre nez". 


Mais, mais, mais... il n'y avait plus, pour la date et l'horaire que nous avions retenus, de couchettes molles. Et la guichetière devait estimer indigne pour l'honneur de la Chine de proposer à ces nobles visiteurs étrangers des couchettes dures. Il a vraiment fallu parlementer !
Déjà que c'était pas simple de s'entendre, entre mon anglais rudimentaire et sa compréhension approximative, je me serais bien passée de ses scrupules. Enfin, moi, j'ai imaginé ça. En réalité, elle voulait peut-être tout simplement nous obliger à changer nos dates pour qu'on paye plein pot. Le doute subsiste...

Nous avons donc voyagé en compagnie de 4 autres personnes. Ma foi, ces couchettes ne sont pas beaucoup moins confortables que les autres. Et ça a été une expérience supplémentaire de découvrir la vie des Chinois à l'aube : ils se précipitent tous avec des thermos sur leur eau chaude, les petites jeunes filles s'enduisent soigneusement de lait de toilette, les tenues légères sont légion... bref, c'était sympa. J'avoue ne pas me souvenir si nous avons eu le même genre de couchettes au retour.

Une fois descendus du train, nous avons, selon le conseil de ma collègue Marianne, "suivi la foule" qui nous a conduits à prendre le bus jusqu'à Tangkou,  village situé au pied de la montagne jaune où nous avions réservé notre hôtel (environ 60 km). 
Deuxième difficulté : trouver l'hôtel en question. On a beaucoup cherché. Aucun établissement ne correspondait au nom que j'avais noté... Quand, enfin, on l'a trouvé, il nous a fait si mauvaise impression qu'on s'est empressé d'en trouver un autre. Tout cela nous a pris du temps. Heureusement que nous étions arrivés très tôt.

On s'aperçoit vite aussi que le "tourisme pour étrangers" n'inclut pas forcément le HuangShan. Il nous est très difficile de comprendre comment accéder au site, pas d'explication, pas d'information, personne ne parle même sommairement l'anglais.
Bon, on s'est débrouillé comme on a pu. Apparemment il faut prendre un bus pour arriver au pied du téléphérique qui nous évitera quelques milliers de marche. 




Depuis la cabine, on commence à découvrir les images que nous allons admirer ces prochains jours.








Une image assez représentative des montagnes jaunes : des rochers de granite où s'agrippent des conifères aux formes tourmentées.



Quelques autres points de vue.



Débarqués du téléphérique, on est frappés par le monde qui se presse sur le site.


(Heurtés aussi par le bruit des mégaphones utilisés par les guides chinois pour se faire entendre de leurs groupes).

Quelques marches (bon, quand je dis "quelques", il faut comprendre au minimum une centaine) nous permettent d'accéder à une plate-forme d'où partent plusieurs itinéraires. 


Quand je parlais de mégaphones... On se rend compte sur cette photo qu'ils sont légion  :  chaque drapeau permet de repérer un guide, équipé d'un micro. Qui a jamais entendu un Chinois parler sait que cette langue est sonore, surtout quand il s'agit de se faire entendre d'une bonne cinquantaine de personnes !


L'attroupement dans le fond de la photo s'explique par la présence d'un arbre célébrissime, le Pin de Bienvenue, devant lequel chaque touriste veut se faire photographier.



Nous n'échappons pas à la règle !


Pour ne pas être en reste, une photo de la bonne femme en début de séjour, donc encore à peu près en forme...


Toujours très étonnant pour un regard occidental, le paysage est sculpté par les escaliers qui marquent les chemins autorisés. Inimaginable de trouver de tels escaliers dans les Pyrénées par exemple...



Ça monte, ça descend, les marches suivent le flanc des sommets.


Lors d'une pause, nous admirons les efforts des courageux (regardez bien les petits points blancs) qui escaladent le Pic de la Capitale du Ciel. Il est trop tard pour que nous empruntions cette route (ouf !), une barrière en interdit l'accès. Nous réservons l'ascension pour le lendemain.


Du coup, nous décidons de marcher vers le bas. Nous longeons une palissade tapissée de cadenas.






Je rajoute, exprès, cette photo (pas recadrée), pour qu'on s'amuse au passage de la pose affectée de la jeune fille qu'on devine sur la gauche.



Nous croisons quelques porteurs lourdement chargés. 




Et ça descend...



Des petites pauses sont prévues de loin en loin.




On descend, on descend. Contrairement à ce qu'on imagine, c'est très dur pour les cuisses et les genoux.


On s'éloigne de plus en plus de la foule.



Les sentiers sont toujours sécurisés. 


J'ai les genoux complètement morts quand nous parvenons au bas de la pente. Les bâtons ont été d'un précieux secours.


Nous n'aurons que le temps de sauter dans le dernier bus qui nous ramènera à la navette.

Au programme du lendemain, l'ascension du Pic de la Capitale du Ciel.
Avant d'y parvenir, nous avons de nombreuses marches, tant en montant que, comme sur cette photo, en descendant.


Quelques paysages.
Ici, nous voyons, à gauche, la station du téléphérique. Puis nous grimpons jusqu'au toits rouges, l'Ecran de Jade, un hôtel-restaurant. De là nous redescendrons jusqu'à la plate-forme de départ pour le pic Céleste.




De loin, nous entrevoyons les escaliers qui nous ont conduits de l'Ecran de Jade (toits rouges) jusqu'à la plate-forme de départ (en bas de la photo). D'autres marches (non visibles sur la photo) nous mèneront vers le pic Céleste.



Nous voici sur la plate-forme, à la base du pic. La barrière qui était fermée hier nous laisse passage aujourd'hui.

Dès les premières marches, c'est dur. Et raide !






Mais on tient le coup.


On trouve même le temps d'admirer les petites fleurs.


Ça grimpe presque à la verticale !


Au fur et à mesure qu'on monte, on est saisi par la brume...





Enfin arrivés. Beaucoup de brume autour de nous.



Du coup, il fait assez frais pour réenfiler la polaire.


Certains pins sont tellement célèbres qu'une petite notice leur est consacrée !


Photo du dit "pin des adieux" :



Les paysages depuis le sommet.






Et c'est la descente.




En revenant vers la place de Jade, nous suivons un autre porteur qui, avec son chargement, a tout juste la place de se glisser dans ce boyau. Et le pauvre se fait bien bousculer par les touristes chinois qui n'ont aucune considération pour lui.


Et un petit oiseau...


Puis le retour en téléphérique.


Avec un bonhomme un peu fatigué...



Le dernier jour sera pluvieux. Nous avons néanmoins pu découvrir une autre portion des montagnes jaunes.
On est quand même contents d'avoir pu profiter d'une vue dégagée les deux jours précédents !


Le trajet se fait sous une pluie parfois battante.


Et une brume épaisse.


Qui se déchire à quelques moments.


Le chemin est creusé sous la roche.


Avec des passerelles en surplomb du vide.


Et des escaliers omniprésents.


Émergeant de la brume, cette branche fleurie égaie un peu la journée.


Ce jour-là, nous ne sommes pas allés très loin... heu, on dira que le temps ne s'y prêtait pas !!!

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